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Un village rêve de terre en 1905 (B2)

Fata Morgana Fata Morgana

Mykhaïlo Kotsioubynski, 1955

Le roman complet de Mykhaïlo Kotsioubynski en ukrainien, non adapté : la première partie parut en 1904, la seconde en 1910. Le titre désigne un mirage, le rêve de tout un village de posséder la terre. Ce livre s’adresse aux lecteurs de niveau B2 qui veulent découvrir la vie villageoise et la révolution de 1905 vue depuis une hutte paysanne. Environ 29 900 mots en deux parties, 8 mots par phrase en moyenne.

  • B2
  • 29 927 mots
  • 5-8 heures

Ce texte est-il à votre portée ?

La phrase moyenne compte 8 mots, et 6,4 % des mots ont 9 lettres ou plus, soit environ un sur seize. Sur le papier, c’est plus léger que Intermezzo de Kotsioubynski (9,8 mots, 6,3 %) et que Dorohoiu tsinoiu (11,7 mots, 8,8 %). Mais les phrases courtes sont surtout des répliques : 648 des quelque 1 600 paragraphes sont des dialogues, dans une langue villageoise pleine d’exclamations et de phrases inachevées. L’édition de 1955 conserve des graphies anciennes : од apparaît 98 fois contre 14 pour від, се (« ceci ») 52 fois, et l’on rencontre des formes courtes comme сердивсь ou слуха (pour слухає). La deuxième partie raconte souvent les événements au présent et introduit le vocabulaire de 1905 : забастовка (« grève », 9 fois) et економія (« domaine seigneurial », et non « économie », 10 fois). Il n’y a pas de dialecte dense comme le parler hutsoule de Ombres des ancêtres oubliés (C1), et les mots longs restent bien en deçà de la barre d’un mot sur dix propre aux livres de niveau C1. D’où le niveau B2. Il s’agit de l’évaluation du catalogue, non d’une certification.

29 927
mots
8
mots par phrase en moyenne
5-8
heures de lecture
1955
Книгоспілка

Книгоспілка, 1955. Wikisource

De quoi ça parle, sans dévoiler la fin

Un village ukrainien, dans les années qui précèdent la révolution de 1905 et pendant celle-ci. Andrii Volyk gagnait jadis bien sa vie à la sucrerie qui a brûlé il y a des années ; sans terre désormais, il erre parmi ses ruines en attendant que quelqu’un la reconstruise. Sa femme Malanka, épuisée par le travail et la misère, rêve de l’inverse : que les terres des maîtres soient partagées et qu’une bande lui revienne. Leur fille Hafiika grandit entre ces deux rêves. Dans la deuxième partie, une distillerie s’installe dans les anciens bâtiments, et Andrii retourne aux machines ; les villageois refusent de moissonner pour le maître, des meules brûlent la nuit, et le jeune Marko Hushcha rentre au village en parlant de syndicats et d’une terre qui appartient à ceux qui la travaillent. Des nouvelles de soulèvements ailleurs parviennent au village, et les paysans décident d’agir. La suite n’est pas révélée ici.

Comparez deux passages

Fata Morgana

I. Частина перша

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II. Частина друга

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Choisissez un mot souligné.

Wikisource

La voix villageoise d’Andrii

C’est Andrii qui pense à voix haute, dans la langue du village, et non le narrateur. Пане добродзею (« mon bon monsieur ») est sa formule favorite : elle revient 17 fois dans le livre, bien qu’il ne s’adresse à personne en particulier. Тепереньки est une forme affectueuse et populaire de тепер (« maintenant »), оден est une forme ancienne de один, et скибка désigne ici une étroite bande de terre cultivée, et non une tranche de pain. Хазяї!.. (« Maîtres ! ») est dit avec mépris.

Le passé glisse vers le présent

Le paragraphe consacré à Malanka commence au passé (пішла, припала) puis glisse vers le présent : слуха, стає, розгортає. Kotsioubynski emploie souvent ce présent narratif dans la deuxième partie pour rapprocher la scène ; lisez-le comme un passé. Слуха et капа sont les formes villageoises courtes de слухає et капає. Хлібець est un diminutif affectueux de хліб, « pain », et текла signifie ici que le blé mûr laissait tomber son grain.

Chapitres

  1. IЧастина перша
  2. IIЧастина друга

La traduction pendant la lecture

Le livre reste gratuit avec toutes les formules. Reader, à 1 € par mois, supprime la limite quotidienne de mots et de phrases.

Reader

1 € par mois

Dans les longues descriptions, la traduction de la phrase entière dans Reader garde l’image cohérente, comme dans Як тільки смеркне і чорне небо щільно укриє землю, далекий обрій враз розцвітає червоним сяйвом і до самого рання осінні хмари наче троянди (« Dès que le soir tombe et que le ciel noir couvre la terre, l’horizon lointain s’embrase soudain d’une lueur rouge, et jusqu’au matin les nuages d’automne ressemblent à des roses »).

Reader

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Avant de lire

Est-ce l’original ou une adaptation pour apprenants ?

C’est l’original, non une adaptation : le roman complet de Mykhaïlo Kotsioubynski en ses deux parties, sous-titré З сільських настроїв (« Humeurs de village »). La première partie parut en 1904 dans la revue kiévienne Kievskaya Starina ; la seconde suivit en 1910 dans la revue lvivienne Literaturno-naukovyi vistnyk. Le texte provient de Wikisource, qui reproduit le deuxième volume des Œuvres (Твори) de Kotsioubynski publié par Knyhospilka à New York en 1955, et il conserve la graphie de cette édition : од pour від, се pour це, des formes courtes comme сердивсь.

Existe-t-il un livre audio ?

Fata Morgana n’a pas de livre audio sur MovaReader : le roman se lit à l’écran, et un clic sur un mot affiche sa traduction. Vous en aurez besoin pour des mots villageois comme комірне (« loyer d’une chambre chez autrui ») et pour les mots de 1905 : забастовка (« grève ») et економія (« domaine seigneurial », et non « économie »).

Puis-je traduire une phrase entière ?

Oui, avec la formule Reader. Elle aide surtout là où tout le village parle à la fois, comme dans Чутки і поголоски, невідомо звідки узяті, місилися вкупі, росли на очах, як тісто в діжі (« Rumeurs et ouï-dire, cueillis on ne sait où, se pétrissaient ensemble et montaient sous les yeux comme la pâte dans la huche »). Sans la formule, seuls les mots isolés sont traduits, dans la limite quotidienne.

Combien d’heures de lecture faut-il ?

Environ 5 à 8 heures, au rythme d’un lecteur qui traduit les mots nouveaux, plus lentement qu’un natif. Les deux parties diffèrent beaucoup en longueur : la première compte environ 8 200 mots, soit une ou deux soirées, et la seconde environ 21 700 mots, il faut donc prévoir trois ou quatre séances pour celle-ci.

Où le texte devient-il plus facile ?

Cela devient un peu plus facile. La première partie est la plus dense : 9,2 mots par phrase et 6,6 % de mots longs, avec de longues pages consacrées aux pensées d’Andrii et de Malanka. La deuxième partie compte 7,7 mots par phrase et 6,3 % de mots longs, et deux paragraphes sur cinq y sont des dialogues (520 sur environ 1 330), même si les scènes de foule apportent du vocabulaire nouveau.

Ma progression dans le livre sera-t-elle enregistrée ?

Oui. Une fois connecté, le lecteur garde votre dernière position et les mots que vous avez ouverts, ce qui vous permet de reprendre là où vous vous étiez arrêté, même au milieu d’une partie. Les deux parties s’ouvrent aussi depuis le sommaire de cette page, par exemple II. Частина друга, qui commence par Andrii dégageant la neige du sentier.