I. Іван Іванович
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Satire soviétique et récits de la guerre civile, niveau C1
Mykola Khvylovy, 1930
Cinq récits complets de Mykola Khvylovy en ukrainien original, non adaptés, dans le texte du tome III de ses Œuvres (Kharkiv, 1930) ; le choix est celui du catalogue. Pour les apprenants avancés (C1) qui veulent voir les années 1920 de l’intérieur : un haut responsable du parti modèle et sa famille, un journal de province qui attend un inspecteur venu de la capitale, et trois récits de la guerre civile dans de petites villes et des villages. Environ 33 300 mots en cinq chapitres, un par récit, soit environ 6 à 9 heures de lecture.
Avant
En B2, le dialogue villageois de « Бандити » est à votre portée, mais la langue administrative du récit-titre (монументально-реалістичних, комосередок, харчсмак), l’orthographe de 1930 (проґресивним, соціяльних, кватира) et un narrateur dont les éloges veulent dire le contraire vous arrêteront presque à chaque page.
B2Ce texte
En C1, on le lit en une ou deux semaines, un récit ou une de ses parties numérotées par séance. Si vous voulez un début plus doux, ouvrez d’abord « Бандити » ou « Наречений », et revenez au récit-titre quand le ton vous sera familier.
Voir ce passageAvec de la marge
En C2, la langue ne pose plus d’obstacle ; reste la satire elle-même : les mots d’ordre du parti mis entre guillemets, les titres de chapitres qui résument « et ce qui s’est passé ensuite », les échos de Gogol et de Taras Boulba, et un narrateur qui loue précisément ce qu’il moque.
Commencer la lectureEnviron un mot sur huit compte 9 lettres ou plus (12,8 %), la proportion la plus élevée du catalogue ukrainien, devant la Nouvelle de la zone sanatoriale de Khvylovy lui-même (11,2 %) et Une histoire sentimentale (11,0 %), et bien au-dessus du recueil Le Rire et autres récits de Kotsiubynsky (7,3 %). La satire en est la raison : le narrateur imite la langue administrative de la nouvelle bureaucratie soviétique, avec de longs composés comme монументально-реалістичних, ідеологічно-витриманих et робітничо-селянською, et des termes du parti comme комосередок (la cellule du parti), комхоз ou непманка. Dans le récit-titre, la proportion atteint 15,0 %, et dans « Ревізор » 13,8 %. Les phrases font en moyenne 12 mots, mais 561 des 1 184 paragraphes sont des répliques, si bien que la narration est plus longue que la moyenne. L’édition de 1930 garde l’orthographe de son époque : ґ dans les emprunts (80 fois : проґресивним, колеґія), -ія- dans les mots étrangers (соціяльних, матеріяльний, Фіялка, plus de 80 mots), кватира pour квартира (11 fois ; la forme moderne n’apparaît jamais), єсть pour є (16) et мойого ou свойого pour мого et свого (25). Le récit-titre s’ouvre même sur une épigraphe de Gogol en russe. D’où le C1. Il s’agit de l’évaluation du catalogue, non d’un certificat.
Державне видавництво України, 1930. Wikisource
Cinq récits, de la guerre civile à la fin des années 1920. Dans « Іван Іванович » (Ivan Ivanovytch), un narrateur ironique présente son « héros sympathique » : un membre modèle d’un conseil de trust, surnommé « camarade Jean » dans le parti, qui vit à l’appartement 38 de la rue Thomas-More avec sa femme Marfa Halaktionivna (« camarade Halakta »), leurs enfants May et Fialka (« Violette »), une gouvernante française et une cuisinière, et qui est persuadé de bâtir la nouvelle manière de vivre communiste entre deux réunions de cellule et des soirées de discussion sur la différence entre communisme et socialisme. Dans « Мати » (La Mère), un tailleur de petite ville rêve de faire de ses fils Ostap et Andrii des soldats, comme les fils de Taras Boulba de Gogol, et la guerre civile les place de part et d’autre du front. Dans « Бандити » (Les Bandits), un sacristain de village et son compagnon effrayé se cachent dans une grange au-dessus du village de Hrouchivka, tandis que Kylyna, aveugle, craint pour la vache qu’on lui a donnée et que les hommes se réunissent au conseil. Dans « Наречений » (Le Fiancé), Katrusia, une standardiste discrète, écrit à son fiancé Mykhailyk, un employé parti rejoindre les partisans. Dans « Ревізор » (L’Inspecteur), un journaliste de province et sa femme Lesia empruntent de l’argent pour offrir un dîner à un inspecteur « venu du centre », qui ne vient jamais. La suite n’est pas révélée ici.
I. Іван Іванович
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V. Ревізор
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Choisissez un mot souligné.
Le narrateur loue Ivan Ivanovytch dans les formules approuvées du jour et veut dire le contraire : симпатичний (« sympathique », 26 fois dans le livre), зразковий (« modèle, exemplaire », 12 fois), проґресивні прагнення (« aspirations progressistes ») et так би мовити (« pour ainsi dire », 26 fois). Женщина est le mot russe pour « femme », là où l’ukrainien dit жінка : Khvylovy le laisse passer exprès. Quand une phrase sonne comme un rapport du parti, lisez-la comme une plaisanterie.
Кватира est l’ancienne forme de квартира (« appartement ») : 11 fois dans le livre, jamais sous sa forme moderne. Являються signifie « se présenter », là où l’ukrainien d’aujourd’hui dit з’являються, et скажім (9 fois) est скажімо (« disons »). La même édition écrit ґ dans les emprunts (проґресивним, колеґія) et -ія- dans les mots étrangers (соціяльних, матеріяльний) : lisez-les comme г et -іа- d’aujourd’hui.
Le livre reste gratuit avec toutes les formules. Reader, à 1 € par mois, supprime la limite quotidienne de mots et de phrases.
1 € par mois
La comédie tient souvent dans une longue phrase dont la chute vient à la fin, et c’est là que la traduction de phrases entières dans Reader aide le plus, par exemple l’aveu de Marfa Halaktionivna, fait en ajustant son décolleté : « а я й досі не розумію, чим комунізм відрізняється від соціялізму » (« et moi, je ne comprends toujours pas en quoi le communisme diffère du socialisme »).
ReaderC’est l’original, non une version pour apprenants : cinq récits complets de Mykola Khvylovy, « Іван Іванович », « Мати », « Бандити », « Наречений » et « Ревізор ». Le choix et l’ordre sont ceux du catalogue : les cinq figurent dans le tome III de ses Œuvres, mais avec d’autres récits et dans un autre ordre. Tous ont été écrits et publiés pour la première fois dans les années 1920, le plus récent, « Іван Іванович », en 1929. Le texte suit le tome III des Œuvres de Khvylovy (Державне видавництво України, Kharkiv, 1930), tel que transcrit sur Wikisource ; l’orthographe est donc celle de cette édition : проґресивним pour прогресивним d’aujourd’hui, соціяльних pour соціальних, кватира pour квартира, єсть pour є. L’épigraphe de Gogol en russe qui ouvre « Іван Іванович » est de l’auteur et reste en place.
Ivan Ivanovytch et autres récits n’a pas d’audiolivre sur MovaReader : les récits se lisent à l’écran. Touchez un mot pour voir sa traduction ; vous en aurez besoin dès les premières pages, pour des mots comme комосередок (la cellule du parti, unité de base du Parti communiste) ou непманка (l’épouse d’un commerçant privé de la NEP, l’économie de marché des années 1920).
Oui, avec la formule Reader. Elle aide là où l’ironie se cache dans une longue phrase, par exemple « Словом, на вулиці Томаса Мора панує зразковий порядок і, як говорить мій герой, порядок в, так би мовити, „новій революційній інтерпретації“ » (« En somme, la rue Thomas-More connaît un ordre exemplaire et, comme le dit mon héros, un ordre dans, pour ainsi dire, une « nouvelle interprétation révolutionnaire » »). Sans la formule, les mots isolés restent traduisibles dans la limite quotidienne.
Le livre entier prend environ 6 à 9 heures, au rythme de quelqu’un qui lit avec la traduction des mots nouveaux, plus lentement qu’un locuteur natif. Les récits ont des tailles très différentes : « Іван Іванович » compte environ 13 600 mots en sept parties numérotées, « Ревізор » environ 8 200 en quatre, « Бандити » environ 5 600 en cinq, « Мати » environ 3 800 et « Наречений » environ 2 100. Une partie numérotée ou un récit court tient en une séance.
Oui, au milieu. Le récit-titre est le plus dense (15,0 % de mots longs, environ 13 mots par phrase) et « Ревізор » s’en approche (13,8 %, environ 13). « Мати », « Бандити » et « Наречений » sont plus légers, avec 8,8 % à 10,7 % de mots longs ; « Бандити » est le plus facile, avec environ 8 mots par phrase et beaucoup de dialogues villageois. Les récits sont indépendants : vous pouvez donc commencer par « Бандити » (chapitre III).
Oui. Une fois connecté, le lecteur garde votre dernier emplacement et les mots que vous avez ouverts. Chaque récit s’ouvre aussi depuis le sommaire de cette page, par exemple « Ревізор » (V. Ревізор).